« René Schérer en transversales » Chimères n° 105

« René Schérer en transversales » Chimères n° 105

https://www.editions-eres.com/ouvrage/5328/rene-scherer-en-transversales

Cette dernière livraison de la revue Chimères (co-dir V. Brito, MD Garnier) est consacré à René Schérer, figure vincennoise et paris-huitarde. 

Schérer est le nom d’une enfance au long cours, d’une enfance non privée de parole qui n’a eu de cesse de s’ouvrir à des objets majeurs (hospitalité, utopies, anarchies) ou pris à tort pour mineurs (le street art, le gros mot, la cuisine, le plafond de la Sixtine et les « posterioria dei »…). Collectionneuse de menus débris à partir desquels refaire monde, la pensée-bigarrée de R. Schérer a conservé la verdeur du bois (de Vincennes), sa vitesse de repousse sur le site de St Denis, et une capacité inébranlée à repenser : l’image et l’esthétique avec Pasolini, L. Soukaz, et d’autres, en lien avec une pratique de l’aquarelle sur les carnets dont il ne se séparait jamais ; à repenser la politique, l’accueil de toute personne en situation d’exil, à repenser la préservation du vivant dans le sillage de la pensée de Charles Fourier –  tout en pratiquant lui-même cet accueil, cette amitié avec ses hôtes et ses autres:  Hocquenghem, Deleuze, Derrida, Foucault, Gilles Châtelet, Desanti… 

Chimères-Schérer : on trouvera ici un accéléré de philosophie pour « non-philosophes » où comprendre en un éclair que les idées ne sont ni derrière ni dans la tête ; que « l’enseignement » n’est pas la transmission d’un savoir que possèderait un adulte, que le « soin » ne relève pas uniquement d’un « soignant », mais de rencontres transversales et le plus souvent transindividuelles, à partir desquelles imaginer de nouvelles batailles, de nouveaux grondements – toute forme de pratique résistante aux transformations contemporaines en « chair à canon » ou  « chair à consensus ». (G. Châtelet).


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